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| Jean de Calais |
| Le fils du roi du Danemark |
| Le vaisseau fantôme |
Jean de Calais.
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Jean de Calais était le fils d'un riche marchand qui possédait plusieurs navires. quand il eut vingt ans, son père lui dit : - Il est temps que tu apprennes le métier. Je te confie un bateau chargé de marchandises que tu iras vendre à l'étranger. Tâche de faire de bonnes affaires. Arrivé dans un port lointain, Jean vendit sa cargaison pour sept mille écus et, tout joyeux, partir en promenade. Il admirait les entrepôts des marchands, se demandant, ce qu'il pourrait acheter et revendre avec un bon profit, quand il aperçut le cadavre d'un homme jeté sur un tas de fumier. - Pourquoi laisse-t-on là ce malheureux, au lieu de l'enterrer ? Demanda-t-il. - C'est qu'il est mort criblé de dettes. On lui donnera une sépulture quand il ne devra plus rien à personne. C'est la coutume ici. - Eh bien, dit Jean, faites venir tous les créanciers, je les rembourserai ! Une foule de gens vinrent réclamer de l'argent. Et il y en avait peut-être bien à qui le mort ne devait rien. Jean paya tout sans discuter, et les sept mille écus y passèrent. Quand son père le vit revenir sans un sou, il ne fut pas content, mais il dit : - Je vais te donner encore une chance ! Cette fois, ramène quelque chose de précieux ! Jean débarqua dans un port d'Orient, où se tenait un marché d'esclaves. Il s'arrêta, ébloui par la beauté d'une jeune fille. Il héla le marchand : - Pour combien est-elle à vendre ? - Cette fille est digne d'un sultan. Mais je te la laisserai à un prix d'ami : sept mille écus. C'était exactement ce que Jean de Calais avait gagné en vendant sa cargaison. Il paya sans marchander. Quand son père le vit revenir, il demanda : - Alors, quelle marchandise as-tu ramenée ? - La plus précieuse : une femme ! Le père leva les bras au ciel, puis il se résigna. Le mariage se fit, et bientôt, la femme de Jean donna le jour à nu beau garçon. Mais le marchand, encore une fois, décidé de confier une cargaison à son fils. Jean s'embarqua avec un ami. Mais il ne se doutait pas que cet ami était tombé amoureux de sa femme. Quand ils furent en haute mer, l'ami, d'un coup d'épaule, poussa Jean à l'eau. Jean nagea longtemps et enfin, put s'accrocher à un gros rocher. - Personne ne me trouvera jamais ! se dit-il en pleurant. Je vais mourir de faim ! Il s'endormit en grelotant. Le matin, il se réveilla en sursaut et vit près de lui un corbeau. - Ne t'inquiète pas, dit le corbeau. tu ne mourras pas. Tous les jours, le corbeau apporta à Jean des croutons de pain. Sept ans passèrent. Puis, un jour, le corbeau arriva à tire-d'ailes et dit : - Tout le monde chez toi est sûr que tu es mort noyé. Et ta femme a fini par accepter de se remarier. Elle va épouser ton ami. La noce a lieu demain. Je peux te prendre sur mon dos. Que me donneras-tu si je te ramène chez toi ? - Ce que j'ai de plus cher au monde ! - Alors tu me donneras la moitié de ton enfant ! Quelques heures plus tard, le corbeau déposa Jean près de la maison du marchand : - Va demander si on n'a pas besoin d'un coupeur de bois ! Dit-il avant de s'envoler. Quand les serviteurs virent arrivers cet homme squelettique, à la barbe hirsute, ils l'interpellèrent rudement : - Qu'est ce que tu veux, pouilleux ? - N'avez-vous pas besoin d'un coupeur de bois ? - Bon, viens par ici ; il y a des bûches à fendre pour la noce. Jean se mit au travail, mais il était trop faible, après sept ans de privations. Voilà qu'il vit sa femme traverser la cour. Elle ne pouvait pas le reconnaître, mais il avait gardé un mouchoir bordé qu'elle lui avait donné. Il le tira de se poche et le montra. - Jean de Calais ! Sa femme l'embrassa en pluerant de joie et, quand Jean eut raconté son histoire, le faux ami fut jeté dans un cachot. Le lendemain, Jean, bien habillé et rasé de frais, recevait les invités au banquet : c'était lui qu'on fêtait. Tout à coup un noir corbeau vint se poser devant lui : - Tu te souviens de ta promesse, Jean ? - Oui, dit Jean. Il allait chercher son fils, prit un grand couteau. Mais au moment où il levait pour frapper, le corbeau l'arrêta : - Non ! Tu as déjà payé ta dette ! Tu te souviens du mort jeté sur un tas de fumier ? C'était moi. Tu m'as donné une sépulture. Moi je t'ai nourri et transporté jusqu'ici. Garde ton enfant ! Adieu et merci ! Et le corbeau disparut dans le ciel bleu. |

